Ce que vous allez découvrir sur le couple est extraordinaire

 

Parfois en voulant parler de tout le monde, on risque de ne plus parler de personne. Alors pour son sujet sur l’amour et la liberté, “Sans Sucre” a préféré remplir sa tasse d’un café torréfié à la vie étudiante. Trois témoignages de couples et un avis de spécialiste pour mieux comprendre nos histoires d’amour. A déguster avec une infographie maison.

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  • La relation « au feeling ». Discussion du coin de l’œil dans un bar-tabac de Paris

Il y a six mois, presque sans faire exprès à une soirée entre amis , Aurélie Gosset et Hugo Huyhn se sont connus. « Je n’avais pas envie de rencontrer quelqu’un » se souvient Hugo.
À 23 ans, il venait de trouver un stage en relation avec ses études de graphisme. « J’étais super bien, je ne sentais aucune pression sociale ». De son côté, Aurélie venait de reprendre des études de photo. Jusque-là, les histoires de couples lui paraissaient très lointaines.

« Je n’avais eu que des relations courtes et je ne comprenais pas ma sœur qui est avec son copain depuis longtemps ». Pour elle, il fallait avoir d’autres expériences.

Du coin de l’œil, tous les deux sont d’accord pour dire que liberté sexuelle n’est pas contraire à l’amour, mais que pourtant, aucun d’entre eux ne serait capables de l’accepter. L’un commence à tâtons, à réfléchir à voix haute, l’autre termine le fil de sa pensée.

Puis, Aurélie rappelle à Hugo l’affaire du cauchemar. « J’ai rêvé que je te surprenais en train de coucher avec un ami, c’est ça ? ». En pleine nuit, il lui avait tout raconté par SMS. « Une preuve d’attachement » pour elle, « un moment de faiblesse » pour lui. « Je lui ai demandé s’il avait confiance en moi », se souvient Aurélie Gosset, « c’était la première fois ».
Ils ont pour habitude de parler de fidélité à travers les autres, « c’est un moyen détourné d’aborder ces sujets » confie Hugo Huyhn. D’ailleurs, le débat dérive sur l’histoire d’une amie qui a prévu de partir à l’étranger. Avant leur rencontre, Aurélie est déjà partie trois mois en Turquie, « maintenant, j’aurais plus de difficultés, mais je ne m’en empêcherais pas » confie-t-elle. « Je t’en voudrais de refuser » lui confirme Hugo aussitôt.

Tous ces sujets, ils ne les ont pas encore abordés et pourtant, Aurélie et Hugo ne se sont jamais sentis aussi libres. Ils se voient plusieurs fois par semaine, « au feeling » chez sa mère à lui ou son père à elle.

« J’ai envie d’emménager sans Aurélie, mais qu’elle vienne souvent » explique Hugo avant d’ajouter sans transition qu’il aimerait avoir des enfants « pas trop tard ». « Le plus tard possible » intervient Aurélie d’une voix douce, mais ferme.

Peu importe pour l’instant.

Le « Plus » du  spécialiste

Michel Maestre est psychothérapeute de couple depuis plus de trente ans. Il a fondé le site lacliniqueducouple.fr .

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  • La relation à distance. Discussion en différé Paris-Nantes

À distance déjà, Margaux Malinge et Bertrand Miannay ont repris contact par Facebook, il y a deux ans. Elle, d’origine nantaise étudie le journalisme à Paris, lui est resté à Nantes où il prépare une thèse sur la bio-informatique. « C’était difficile de mettre des règles, au début » explique Margaux , 23 ans. « À cause de la distance et de nos ruptures précédentes, on n’avait pas envie de se mettre en couple » se souvient Bertrand Miannay, 26 ans, au  téléphone quelques jours après la rencontre de Sans Sucre avec Margaux.

« Au bout de deux semaines, je lui ai proposé qu’on établisse une règle : on peut voir d’autres personnes, mais on se le dit », explique-t-elle. Pourtant, de cette liberté, aucune envie n’est née. Après un mois environ, ils tombent d’accord : autant rester fidèles.

« Je m’impose des limites du fait que je suis en couple. Mais ce sont des restrictions partagées et qu’on a choisi » commente Bertrand.

Durant la semaine, ils s’envoient plus de cent SMS par jour selon Bertrand qui n’en avait pas l’habitude. « Ce n’était pas trop mon truc à la base, mais je le fais, histoire qu’elle suive ce qui se passe. » La journée, ils préfèrent discuter par chat, c’est plus discret, mais moins flexible. « Parfois, il partait manger le midi et me laissait en plan. Nos pires disputes sont nées par écrit » se souvient Margaux.  « Pour éviter les quiproquos, on préfère s’appeler maintenant. Le direct, c’est plus sympathique » elle raconte. Un direct qu’ils reprennent pour de vrai presque tous les week-ends à Paris, ou à Nantes.

Des retrouvailles qu’ils pensent tous les deux prolonger un jour, sans oublier que « c’est le boulot qui prime » commente Margaux. « Ta carrière, c’est ce qui te suit toute ta vie ». Future journaliste, elle pense rester à Paris à terme, même si en radio -ce qu’elle a choisi- les débuts se font souvent dans les petites antennes de région. Une idée qui ne contrarie pas Bertrand qui se voit bien lui aussi, travailler comme enseignant près de la capitale, si c’est pour suivre Margaux.

« Je travaille pour gagner ma vie, mais aussi pour vivre à côté », explique-t-il.

« Si je pouvais choisir, je vivrais dans une maison à l’extérieur de Paris avec un chat et Margaux » conclue-t-il en rigolant à l’autre bout du fil.

Le « Plus » du spécialiste

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  • La relation exclusive mais indépendante. Discussion dans une colocation de Vincennes

Claire Monpin, 21 ans, ouvre la porte de l’appartement. Après avoir salué les deux étudiants assis dans le salon, elle entre dans la chambre et roule une cigarette. Claire habite pourtant dans le quartier de Belleville, à Paris. La chambre est celle de Nicolas Laurençot, 21 ans, son copain qui vit en colocation avec deux amis.

« C’était un peu comme un coup de foudre », se souvient-elle. Ils se sont rencontrés, il y a un an lors d’une soirée. Claire venait de se séparer de son ancien copain. Très vite, il est question de fidélité. « Le soir où on s’est mis ensemble, on a discuté de la possibilité de se tromper et on est tombés tous les deux d’accord » raconte-t-elle. « On est libre sans partir ailleurs » commente Nicolas à son retour du supermarché. « Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi ouvert. On parle sans métaphores » explique Claire lorsqu’ils discutent de leur vie sexuelle.

Et puis un jour, son « ex » est revenu. « J’avais le choix entre celui que j’avais beaucoup aimé et celui avec qui c’était cool. Je suis partie «  raconte Claire.

« Le jour où je l’ai quitté, il m’a répondu: « T’as prononcé le mot. Vas-y, sois libre. »

Nicolas assis sur le lit, roule une cigarette à son tour. Finalement, Claire est revenue. Aujourd’hui, ils vivent tous les deux dans leurs propre appartement. Claire étudie l’histoire à la fac et lui la musique. « J’ai un appart’ bien que je n’ai pas envie de lâcher maintenant » intervient Nicolas. Ils se voient presque tous les jours, mais sans s’organiser. Une seule règle? « Je réponds aux SMS quand je veux » répond-il.

Il ajoute : « Quand tu es libre à deux, tu l’es encore plus parce que tu le choisis. »

Libre, sans sucre.

Le « Plus » du  spécialiste

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Emma Donada

Une réflexion sur “Ce que vous allez découvrir sur le couple est extraordinaire

  1. J’ai bien aimé l’article ! Félicitations ! L’autre jour j’ai vu un interview de Marie-Laure Suzini, une ancienne collègue d’il y a très longtemps, elle a écrit un livre paru en 2014 : « Les mutantes », au fond les femmes veulent tout (!) et c’est très bien ainsi… Vos enfants feront le tri.
    Un clin d’œil à Célia.

    Aimé par 1 personne

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