Gentrification: un regard sur Barbès

Brasserie Barbès, Louxor, Gibert… Barbès, quartier le plus cosmopolite et multi-ethnique de la capitale, est en pleine métamorphose. Mais si pour certains l’implantation récente de commerces chics et « bobo » dans ce bastion populaire, marque un renouveau, pour d’autres elle n’est qu’un trompe-l’œil et renforce les inégalités dans un quartier où la cohésion sociale est déjà fragile.

Nous avons rencontré Benjamin Gallet, habitant du 18e arrondissement et employé du Louxor, cinéma dans les années 1920 transformé en boîte de nuit dans les années 1980, qui offre aujourd’hui une seconde vie aux projecteurs. Il regrette la gentrification progressive du quartier.

Comment a évolué le quartier?

Quelle est la clientèle du Louxor? 

L’embourgeoisement de Barbès excluerait-elle les riverains?


Vous avez dit gentrification? 

Barbès est un quartier parmi tant d’autres touchés à Paris par la « gentifrication ». Il s’agit d’un phénomène sociologique synonyme d’ « embourgeoisement » d’un quartier populaire, c’est-à-dire qu’une classe sociale aisée vient supplanter dans un territoire donné les populations moins privilégiées. Le terme vient de 1964 quand Ruth Glass, un sociologue marxiste, l’emploie pour la première fois en 1964 pour caractériser la ville de Londres. A l’époque, le quartier d’Islinton, qui se situe au nord de la City voit ses habitations populaires remplacées par des logements plus luxueux. Le phénomène est vu comme s’opposant à l’émigration des classes aisées à l’extérieur des villes, dans les banlieues (suivant le modèle nord-américain), pour un retour in-urbs. L’accent est alors mis sur la violence infligée aux populations pauvres, dues à l’inévitable déplacement de population qu’engendre le phénomène. En effet, le plus souvent elles se voient contraintes de quitter le quartier jusque-là peu côté et qui devient économiquement hors de leurs moyens, que ce soit au niveau du logement comme des commerces.

Myriam Mariotte et Sonia Ye

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